Découvert lors de l’écoute d’un podcast sur mon N95 de l’excellente émission de France Culture Des papous dans la tête, par Françoise Treussard le dimanche de 12h45 à 14h00 : le lipogramme.

Le lipogramme (substantif masculin), du grec leipogrammatikos, de leipein ("enlever, laisser") et gramma ("lettre") : " à qui il manque une lettre", est une figure de style oulipienne (ou une contrainte) qui consiste à produire un texte d’où sont délibérément exclues certaines lettres de l’alphabet.

J’ai découvert ce concept il y a bien longtemps grâce à Georges Perec, auteur entre autres d’un roman lipogrammatique de trois cents pages, La Disparition (1969), écrit sans utiliser la lettre e.

Georges Perec, qui "considérait que les contraintes formelles sont un puissant stimulant pour l’imagination", était membre de L’Oulipo (acronyme d’« ouvroir de littérature potentielle »), un groupe international de littéraires et de mathématiciens se définissant comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ».

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Extrait

« Quand parut La Disparition, il y eut, dit-on, un critique qui n’aperçut pas que c’était, sur 315 pages, celle-là, la lettre E, cinquième de l’alphabet, la voyelle la plus utilisée de toute la langue française. Escamotée. Perec la fit réapparaître dans Les Revenentes, où c’est l’A qui sombre et force le temps présent. Les professeurs commentent. Les élèves essaient d’en faire autant. Comme nous. Cela s’appelle un lipogramme... »

Les Revenentes est en réalité un monovocalisme en e, c’est-à-dire qu’il est écrit en n’utilisant que la lettre e comme voyelle. Et Les Revenentes traite de l’enlèvement de gemmes et du sexe en l’évêché d’Exeter.