De retour de vacances, je découvre qu’une journaliste de Radio France m’a contacté par mail et que mes sites ont battu tous les records de visite depuis 5 ans (près de 800 visites le 3 août 2009, alors qu’à cette période, on dépasse rarement les 150 visites quotidiennes).

Et malheureusement, c’est à cause de la noyade d’une petite fille de 11 ans, Anissa, sur la Durance en hydrospeed.

Beaucoup de personnes, plus ou moins proches, m’ont demandé de réagir, voici donc ce que m’inspire ce drame :

Je fais de l’hydrospeed depuis 15 ans. Comme beaucoup d’encadrants de nage en eau vive, j’ai déjà sorti des nageurs dans des situations difficiles voire critiques, et nous étions toujours au moins 2 encadrants pour 6 nageurs. J’ai aussi vécu des moments difficiles et j’ai pu compter sur l’intervention et le soutien d’autres nageurs.

Mon fils de 9 ans fait de l’hydrospeed depuis 3 ans. Il nage parce qu’il en a envie, qu’il prend du plaisir et je m’assure toujours que les conditions sont en adéquation avec son niveau : rivières ou portions adaptées, avec un encadrement suffisant (moi + au moins deux autres personnes) pendant une durée limitée. À côté de ça, mon fils ne fait jamais de vélo sans un casque.

Des accidents mortels en hydrospeed, il y a en a presque chaque année, comme en VTT, montagne, parapente, kite-surf, plongée ou kayak qui sont aussi des sports où les risques sont calculés et contrôlés. Chacun est souvent lié à un concours de mauvaises circonstances. Mais il y en a moins qu’en voiture, baignade, vélo, moto, ski ou cheval, sans parler des accidents domestiques. Un décès, même s’il s’accompagne toujours d’un drame humain insoutenable, même s’il aurait pu être évité, doit être ramené au nombre de pratiquants, et des gens qui font des baptêmes d’hydrospeed chaque été, il y en a beaucoup.

En tant qu’adulte ayant une position privilégiée vis-à-vis de 2 enfants (en tant que père), j’essaye de reproduire ce que mes parents et les éducateurs rencontrés au cours de ma jeunesse m’ont appris : le respect des autres, l’évaluation du risque, le dépassement de soi, la maîtrise de l’appréhension, savoir dire non quand il faut, la découverte de la nature et des éléments ... Difficile de découvrir ces valeurs dans une salle à faire des coloriages (lu sur un forum), même si c’est très dur à accepter en tant que parent. Je suis le premier à m’inquiéter de mon fils quand il fait une activité de plein-air ou quand je m’éloigne de lui sur la rivière.

Mon maître mot reste : plaisir en sécurité, sans oublier la solidarité. Je reste persuadé que la solidarité et l’entraide sont des composantes déterminantes dans les sports à risques.

Pour revenir sur l’accident dramatique de la Durance, peut-être faut-il aussi chercher du côté de la personne ou de l’entreprise qui a laissé tomber cette barre de fer dans le lit de la rivière ...

Quoiqu’il en soit, il est important de comprendre ce qu’il s’est passé, pour les parents et la famille d’Anissa, et pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Quand il y a accident, il faut parler, expliquer, comprendre, témoigner pour prévenir et éduquer, je suis le premier à l’avoir mis en application lors d’un drame en hydrospeed sur le Taurion il y a plusieurs années, malgré les pressions de certaines personnes qui m’ont demandé de me taire (ou de retirer des pages sur mon site).

Repose en paix Anissa