Ce lundi matin, un peu fatigué par le weed-end, juste avant d’arriver au boulot, une dame âgée se casse le col du fémur pas très loin de moi et tombe. Elle tente de se relever, deux passants interviennent, je pose mon sac et viens les aider. Elle insiste pour se relever, et veut qu’on l’assoie sur le bord du trottoir. Du coup, nous l’asseyons délicatement. Une des deux autres personnes présentes, une collègue, appelle les secours.

D’autres collègues et passants demandent s’ils peuvent appeler les secours. Je la maintiens toujours assise pour la réconforter, accroupi sur le trottoir les pieds dans l’eau du caniveau (c’est incroyable cette eau gâchée à Neuilly-sur-Seine), elle parle, elle parle, elle ne veut pas s’allonger, me demande de la tenir et finit par s’évanouir dans mes bras.
Je me rappelle mes cours de secourisme, regrette de ne pas en avoir pris ces derniers temps, essaye de garder mon calme, m’apprête à la mettre en PLS mais après les constatations d’usage ("Madame, vous m’entendez", pincement, vérification des voies respiratoires, ...), je réalise qu’elle ne respire plus. Elle est blanche, suffoque légèrement et a des spasmes. Au bout de quelques secondes, je décide de lui faire du bouche à bouche.

Après deux insufflations, elle tousse, devient rouge, respire à nouveau puis se réveille. Elle me reparle tout de suite et me dit que je suis gentil. Elle souffre. Je la rassure, lui pose des questions sur sa vie pour la maintenir éveillée, en attendant les pompiers, qui finissent par arriver assez rapidement.

Les pompiers la prennent en charge, le capitaine confirme la fracture du col du fémur, me demande de décrire ce qui s’est passé, me suggère de laisser mes coordonnées à la dame et me dit un gentil "Merci pour elle.".
Je me sépare de cette femme en lui enserrant la main et en lui souhaitant du courage (elle en a déjà beaucoup montré) et elle me remercie encore une fois.

Belle émotion de début de semaine, promis, je reprends rapidement des cours de secourisme.

Se former, surtout que l’AFPS devient PSC 1 (Prévention et secours civiques de niveau 1) :

Tiens, le soir en rentrant, un collègue, qui travaille avec la jeune femme qui a appelé les secours, m’apostrophe et me dit : "Alors, ça fait quoi de sauver une vie ?!". Je lui réponds que je ne suis pas sûr d’avoir sauvé une vie.